Tout ce que l’on ne vous dira jamais sur le voyage…

Nous créons tant de mythes, de mystifications autour du voyage. J’ai juste envie aujourd’hui de déboulonner et faire tomber quelques statues. On idéalise tellement le voyage, moi la premiere, que l’on se ment à soi meme. Comme pour maintenir un mythe en vie. On conserve ainsi une image intacte du voyage mais des souvenirs et sensations fausses.

Evidemment, partir est merveilleux. Je le répéte constamment sur ce blog : Voyager transforme. On a une chance folle de pouvoir posseder cette liberté (On nous le rèpète assez souvent d’ailleurs). J’ai conscience d’idéaliser le voyage et d’attendre bien trop souvent ma prochaine destination. Récemment je me suis questionnée sur l’impact que pouvait avoir cet idéal. Suis je une vendeuse de rève? Il y’ a deux ans quasiment jour pour jour j’avais tout quitté, pour entreprendre mon plus beau et plus long voyage. Les trois mois de ma vie qui ont tout changé. J’étais nostalgique, happée par les souvenirs.

Ce qui me manque par dessus tout c’est la liberté. Je me sentais légère et forte. En essayant de comprendre où était partie cette liberté. J’ai essayé de regarder ce voyage droit dans les yeux. Objectivement, est ce que tout avait été si bien? Ai-je inconsciemment occulté certains moments pour fabriquer une utopie voyageuse?

Tout n’a pas été parfait mais chaques moments a eu son role, meme les instants les plus durs. L’on refoule parfois inconsciement les facettes plus sombres . L’on met de coté les aspects négatifs, les sentiments plus complexes et contrastés. On les garde en soi, on les refoule le plus loin possible pour ne garder que les sensations agréables. On peut alors réciter un discours plaqué et réducteur. Inutile de le recopier ici vous le connaissez tous.   Pourquoi ne jamais mentionner les ratés des nos périples?

Nos escapades ont leurs propres tabous : Les ressentis , les choses pas vraiment glorieuses, les choses pas belles dont on ne peut pas se liberer car l’on n’en parle jamais. Ce sont mes non dits mais aussi peut etre un peu les votres. C’est étrange de le dire mais cela demande un certain courage. Je sais d’avance que certains ne partageront pas mon avis. Je sais aussi que ce texte ne plaira pas forcément à tous. Mais vous n’en avez pas marre de cet image édulcorée, lisse et sirupeuse du voyage?

Mythe numéro 1: Partir à la découverte d’autres cultures.

Je vous présente la phrase la plus agacante de la terre, une vielle relique du colonialisme. Cette phrase vous l’entendrait dans chaque bar un peu branché de la capitale, dans chaque émission pseudo dévouverte : « ils sont tellement gentils, ils n’ont rien mais il donnent tout ». Evidemment « ils » se sont « les locaux » « les autres », les thailandais, les péruviens, les birmans, les sénégalais… « les gentils qui n’ont rien mais qui donnent tout » ce ne sont pas les français, les suédois et surement pas les américains. Ce sont de préférences des « gentils » des anciennes colonies. On a parfois honte de ce qu’ont fait nos pays aux leurs. On voudrait meme parfois s’excuser aux nom des notres. Je me souviens d’un chauffeur de taxi cambodgien qui en apprenant que j’étais francaise m’a dit : » ton pays a colonisé le mien, c’est du passé. Le problème c’est que les allemands, les américains ont rendu les oeuvres d’art khmers mais vous les francais vous nous avez rien rendu. jamais ». Je ne savais meme pas quoi répondre, je ne suis pas responsable de ce qu’a fait mon pays au sien mais quand meme la petite pointe de culpabilité pointe le bout de son nez. On ne sait d’ailleurs pas trop quoi faire de ce sentiment.

Je raconte cette anecdote aussi pour amener un sujet dont on ne parle jamais : le lien entre voyage et  néocolonialisme. C’est dérengeant, c’est vrai. Lorsque l’on voyage nos intentions sont louables et belles. Nous ne sommes pas des colons. Nous ne pillons pas. Individuellement non, mais collectivement nous avons un impact. Nous avons modifié, l’écosystème, le rapport à l’argent, l’économie. Moi cela me gène et me questionne.

On veut de belles rencontres avec les fameux « gentils locaux ». On veut de l’échange, du pur, de l’authentique, un lien non galvaudé par la civilisation occidentale qui elle est forcément fausse et destructrice. On pense à Rousseau, Voltaire, Diderot & co et l’on se dit que le « mythe du bon sauvage » est tenace. En réalité, hommes et femmes sont les mêmes tout autour du globe. Toutes formes de relations peut s’instaurer. Vous ferez de belles et de mauvaises rencontres.

Les sentiments  que l’on peut ressentir vis à vis de ces fameux « gentils qui n’ont rien mais qui donnent tout » sont complexes. On recherche en voyageant quelque chose de simple et d’essentiel que l’on pense avoir perdu. On s’imagine que l’on va trouver ce « quelque chose » ailleurs au contact de gens qui vivent plus simplement. J’ai souvent pensé, qu’eux, ils échangeraient volontier leurs vies contre les notres. Je me suis souvent demandée ce que pouvait penser un paysan de la Birmanie profonde lorsqu’il voit debarquer dans son village sans eau ni electricité des trekkers en quete d’authentitcité. Je voyage aussi pour rechercher cette fameuse chose essentielle.  Je dois me l’avouer il y’a quelque chose d’indécent. Je me suis souvent déculpabilisée en essayant d’avoir le moins d’impact négatif et me faire la plus discrete possible. C’est un rapport humain trés complexe. Il faut etre capable de nombreuses remises en question.

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Mythe numéro 2: Les réseaux sociaux un vrai partage?

Vous n’etes pas lassés de ces couchers de soleil sur Instagram? On devrait boycotter ces snaps creux et sans profondeur dont on est matraqué. J’enfonce peut etre une porte ouverte mais on a le droit de se questionner sur l’impact des réseaux sociaux concernant le voyage.

Un jour je vais faire une overdose. Une énorme overdose de barbies voyageuses instagrameuses. Evidemment, nous françaises cela ne nous touchent pas. Nos comptes sont propres. Nous sommes trop humbles, trop profondes pour oser parader en bikini sur instagram. Ce phénomene touche seulement les americaines ( les californiennes pas celles du Midwest, la fille du Wisconsin ne fait rever personne!). Je me demande vraiment quelle est la nécessité de faire apparaite un décoletté à coté du taj mahal? Je le concède elles sont belles, sentent bon le sable chaud, les cheuveux wavy… Comme petite légende on pourrait presque lire :   » je partage cette magnifique photo de moi meme, dans un endroit de rève car je suis trop belle. Passez une bonne journée dans vos bureaux open space. » On ne sait plus si l’on regarde le compte d’une voyageuse ou un défilé de Victoria Secret.

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De mon coté j’ai trop mangé de Pad thai en thailande pour montrer autre chose que mon visage. Les réseaux sociaux sont un mirroir déformant d’une incroyable superficialité. Je sais que je n’échappe pas à cette règle. J’ai bien conscience parfois de ne livrer qu’une parcelle de réalité.

Voyager c’est le contraire de tout ca. Les réseaux sociaux ne reflètent en rien la réalité du voyage. Ce sont des bribes de voyages sélectionnées pour vendre du rêve. Les réseaux sociaux servent à cela, vendre du rêve et du « produit voyage ». Le plus triste c’est ce terrible constat: moins l’on voyage plus l’on passe du temps sur les réseaux sociaux à regarder les photos des autres. Ils s’évadent par procuration. Les meilleurs lecteurs de récits de voyages, les plus enthousiastes sont ceux qui ne peuvent pas voyager, ceux qui sont bloqués dans une vie ou dans un système de pensée. J’espère ne jamais créer de frustrations mais plutôt une impulsion.  On ne sait jamais ce qu’il y’a au delà  de cette image filtrée trop saturé.

Mythe numéro 3: voyageurs anticonsommateurs ?

Voyager est entré dans le temple de la consommation. On consomme des destinations. On a fait tel pays. On les compte. On impressionne avec nos destinations lointaines. Il faut avoir fait l’Europe de l’Est avant ses trente ans, un whv avant ses 35ans. Celui qui ne voyage pas car sa vie ne lui permet pas peut se sentir exclu. On devrait voyager juste pour le plaisir pas pour le « bling bling travel ». On connait tous quelqu’un d’un peu comme ça, qui compte les pays, les villes, les aeroports…

On a tout quitté pour etre libre, parceque l’on se sentait différent, on arrivait pas à rentrer dans le moule. En réalité on a juste quitter un moule pour un autre. J’ai rencontré tellement de voyageurs qui eux aussi avaient tout quitté. Finalement, nous avons crée un autre système tout aussi conformiste mais plus subtil. On ne le perçoit pas car il est fair sur mesure.

J’ai crée ce blog pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elle était de dire « si je voyage vous pouvez le faire ». Mon intention n’était pas d’afficher un mode vie inaccessible.

Mythe numéro 4: Le voyageur sans peur et sans reproche.

Les recits de voyages, les grands auteurs  ont crée le mythe du voyageur héroique. Un héros , vivant des choses difficiles mais qu’il finit toujours par surmonter. En réalité le voyageur est bien souvent un anti héros. Il a souvent peur et souvent mal mais il n’en parle jamais.

L’on recherche le spéctaculaire, le merveilleux, l’aventure. Alors l’on ne raconte jamais les déceptions, le misérable, l’ennui. Le voyage procrure un tel sentiment de bien etre et de liberté que tout sentiment négatif doit disparaitre automatiquement.
Comme si ils n’avaient pas leurs places en voyage. Je crois que nous avons crée nous meme cette mystification, comme un mensonge à soi.

En réalité qui ne s’est jamais senti mal ? Qui n’a jamais ressenti un profond décalage? Qui n’a jamais été rattrapé par ses propres problèmes? Qui n’a jamais été décu ou frustré? Qui n’ a jamais connu de grosses galères  tellement pesantes qu’elles gachent le plaisir de découvrir.

Ce ne sont pas des choses que l’on raconte. Peu de recits évoquent les moments difficiles, les doutes.

Mythe numéro 5: le voyageur est solitaire.

Nos tribulations ont un impact. Le voyageur n’est pas le seul concerné. La culpabilité on en parle? Elle prend de nombreuses formes. Quoiqu’on en pense le voyage exige une certaine forme d’individualisme, un égo sain. L’on s’est sorti seul de situations complexes. On a appri à ne compter que sur soi et à faire passer ses instincts et envies en premier. Cela concerne peut être plus les voyageurs solos, ceux qui ont passé du temps seul car ils en avaient besoin. L’on a appris à s’ecouter en voyageant, cela peut parfois devenir difficile de suivre les envies d’un autre car l’on a changé.

Le pire c’est de laisser derrière soi des gens qu’on aime, passer à coté de moments de vies. Ce n’est pas comme si déhambuler était une obligation, c’est un choix. On prend cette route en connaissance de cause. Toutes décisions impliquent sacrifices et renoncements. Lorsque l’on part on impose aux proches son absence. On laisse son ombre. Laisser à l’autre des parcelles de soi est terrible. Loin de moi l’idée de rajouter de la culpabilité à la culpabilité. Simplement il faut etre lucide on culpabilise tous. Quel voyageur ne s’est jamais senti égoiste? C’est un égoisme légitime mais difficile de se pardonner. Comme si voyager exigeait un sacrifice : Ne pas etre present à certains anniversaires, etre parfois oublié.

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Parfois il est difficile de maintenir un lien avec les autres, on est moins présent dans le quotidien, moins présent dans les moments difficiles. On vit complètement autre chose. C’est parfois difficile de communiquer ce que l’on vit, de partager les changements.

Le manque de l’autre. La solitude engendrée, que meme les plus belles rencontres ne comblent jamais. Avoir toujours dans un coin de la tete ces personnes qui nous manquent.

Mythe numéro 6 : De déouvertes en découvertes?

 

L’habituation au merveilleux est terrible. On voyage pour vivre des émotions fortes et quitter une routine oppressante : On veut vivre vraiment, voir des choses incroyables. On est enfin loin de tout, on a enfin accés à ce que l’on souhaitait le plus et paradoxalement une nouvelle forme de routine nait. Chaque jour est dédié à la découverte. L’aventure devient quotidienne et l’on s’habitue au merveilleux.

Parfois on veut tellement quelque chose et puis quand on l’a… Atteindre un vieux reve amene des émotions plus complexes qu’il n’y parait. On met juste du temps à réaliser ou l’on est, ce que l’on a vécu. C’est trop d’un coup et un sentiment de déréalisation peut apparaitre.

Trop de liberté tue la liberté. Trop de voyages tue le voyage. Comme un enfant gaté pourri on oublie qu’on est le chanceux d’autrui. Apres plusieurs mois sur les routes, moins de choses peuvent nous surprendre. Je ne sais pas comment appeler ce sentiment proche de la lassitude et de la desillusion. Cette capacité d’émerveillement se perd trés vite. Il en faut beaucoup pour s’enthousiasmer et etre époustoufler. L’extraordinaire devient ordinaire. Peut etre est ce un passage nécessaire pour réellement accéder à l’essentiel d’un pays et oublier les sites touristiques et vouloir se perdre dans les petites rues, passer du temps hors des sentiers battus et se laisser surprendre à nouveau. L’etre humain s’adapte à tout au pire et au meilleur.

 

Voila, un texte que j’ai adoré écrire car peu conventionnel. Totalement à l’opposé de mon discours habituel.

Je serais curieuse, à présent, de lire vos impressions et surtout vos ratés, vos ressentis et vos désillusions. Si jamais ces émotions négatives ne sont pas passées par vous je serais curieuse de savoir pour quelles raisons et connaitre vos recettes secretes!!

 

 

Mon coup de coeur en Ecosse: Garleton Lodge

Comme vous le savez j’adore l’Ecosse. Je crois meme que c’est mon pays préféré. J’ai trouvé l’endroit parfait pour y séjourner. C’est en pleine nature, près des montagnes , proche de la mer et surtout à 20 mn d’Edimbourg. L’emplacement est juste magnifique. C’est vraiment à couper le souffle. Pourtant l’East lothian est une région ecossaise que l’on oubli trop souvent car l’on fonce directement vers les highlands.

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Ce Bed and Breakfast a tout pour plaire.

Garleton lodge m’a beaucoup marqué pour plusieurs raisons. C’est un bed and breakfast pas comme les autres. David et Angela est le couple à la tete de cette résidence. Gentil, chaleureux et avenant, à la manière des écossais, ils ont su m’acceuillir avec beaucoup d’attentions. Pour la petite anecdote, je n’ai pas le permis et la station de train à laquelle je descendais été un peu éloignée de Garleton lodge alors David est venu me chercher spécialement… Angela m’a également déposée dans la ville la plus proche pour que je puisse profiter pleinement de l’apres midi. Ce n’était meme pas obligatoire, juste la gentilesse pure.

 

Situé en haut d’une colline et proche du village d’Haddington, la vue sur la région est imprenable. Lorsqu’ils ont découvert  David et Angela en sont tombés amoureux et ont décidés de totalement rénover cette batisse. Le travail de toute une vie prend forme en avril 2017. On décele chez eux la fierté de nous recevoir et nous faire découvrir ce lieu grandiose.

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La batisse, est à la fois simple et belle. Rénovée tres récemment on a l’impression d’etre la premiere personne invitée. Tout est neuf, soigné  et décoré avec gout. On peut trouver une salle magnifique dans laquelle on peut diner et prendre le petit déjeuner. La vue sur le Firth of Forth l’estuaire du fleuve forth est juste époustouflante. On peut rester plusieurs minutes à regarder ce paysage. Un bar/ salon est également à la disposition des invités. L’ensemble est totalement convivial.

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La chambre est jute incroyablement belle de simplicité. Le blanc, les mirroirs et les tartans (pour ne pas oublier l’Ecosse) forment une jolie décoration. Detail important, chaques chambres possèdent le nom d’une distillerie de whisky et evidemment vous avez la posssibilité d’y gouter puisqu’une bouteille est mise à disposition.

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On se sent bien, comme chez soi en beaucoup mieux. Il y’a quelque chose que j’ai particuliérement adoré : C’est ce lit immense confortable comme c’est pas possible. C’était le lit le plus magique de ma vie!! Tellement douillet que j’ai demandé à David comment me le procurer. J’avais la sensation de dormir sur un nuage ou entre deux chamallow géants… Meme les lits d’hotels trés luxueux n’atteignent pas ce niveau de confort.

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Il a quelque chose qui m’a vraiment plu. C’est cette capacité à se fondre dans le paysage et à sublimer la beauté de la nature écossaise.

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Mon coup de coeur va pour le jacuzzi en pleine nature.  Je suis restée plus de trois heures. J’étais hors du temps. Juste happer par le paysage, la chaleur de l’eau et les petites bulles. Un moment inoubliable. J’étais là au meilleur moment: pour le coucher du soleil. Les lumières et Edimbourg au loin me retenaient.

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Je l’ai dit à plusieurs reprises sur ce blog. Je suis une gourmande. Découvrir la gastronomie d’un pays est une étape essentielle du voyage. Pour etre honnete, je ne suis pas fan de  cuisine ecossaise. Je fais une exception pour la cuisine d’Angela. Meme les gourmets ne peuvent rien lui reprocher. La cuisine est fine, savoureuse, les produits sont frais et bien choisis. J’ai opté en entrée pour le saumon puis un risotto et forcément le dessert au chocolat. Juste délicieux.

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Je souhaite rapidement retourner en Ecosse et je reviendrai à Garleton Lodge juste pour le souvenir et dire bonjour à David et Angela.

L’ arbre et la pirogue.

C’est le nom que j’ai d’abord voulu donné à ce site. J’avais adoré ce court poème et sa symbolique:

« Tout homme est tiraillé entre deux besoins. Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité. Les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue. »

Il reflète le paradoxe ultime du voyageur. L’arbre enraciné à sa terre et sa droiture. Il s’eleve durablement vers le ciel. Son évolution est lente mais constante. Il est dur, solide et profond. La pirogue est faite du bois de l’arbre mais elle est construite pour naviguer. Elle est faite pour aller loin, voguer en toute liberté. Elle est un élan vers la vie. Son chemin n’est pas tracé d’avance.

 Souvent l’on ne sait pas si l’on est arbre ou pirogue, sédentaire ou nomade. On admire la sédentarité pour la stabilité, l’équibre, tout en sachant que cette vie n’est pas pour nous. Moi j’aime les soubresauts, les circonvolutions, les pulsions soudaines vers la vie, les changements. J’adore  l’exaltation du voyage, l’inconnu, la découverte. Juste acheter un billet d avion, savoir que l’on part, avoir le coeur qui bat un peu plus fort que d’habitude.

 La sédentarité et le nomadisme sont deux choses a priori contradictoires, deux désirs aux antipodes qui en réalité sont tributaires  l’un de l’autre. La pirogue n’existerait pas  sans le bois de l’arbre. On ne souhaiterait pas partir  si l’on avait pas eut un point d’ancrage, si l’on avait pas eu cette belle stabilité durant l’enfance.

Plus l’on grandit, plus les émotions deviennent complexes et ambivalentes. On veut une chose et son contraire ou simplement tout à la fois. On aimerait etre   un chêne solide mais paradoxalement ses racines sont prisonnières de la terre. Ces choses souterraines nous retiennent. L’on se ment en se disant que si d’autres le peuvent nous le pouvons également mais nous finirons  étouffés.

Le voyage au long cours implique des renoncements, de vrais sacrifices et emmene son lots de regrets. Nous n’aurons jamais pris racines, nous ne laisserons pas de traces. Nous n’aurons pas pris le temps de voir venir les saisons, rien ne sera nait de nous. Quel regard porterons nous sur notre histoire quand nous serons vieux d’une vie que nous avons voulu intense et insctinctive. Tellement instinctive, que nous aurons juste suivi nos pulsions, nos coeurs et qu’elle nous aura méné vers une forme d’individualimse farouche.

On ne parle jamais de la culpabilité du voyageur. La culpabilité de ne pas se sentir à la hauteur de ce que demande la société. Passer à coté de moments de vies. Passer à coté de la vie des autres. On voit  naître en soit un conflit interne ; suivre les valeurs inculquées ou  les désirs instinctifs.

Et si voyager était une vocation? Certaines professions sont des vocations. Certains se sentent appelés par un métier. Ils savent instinctivement qu’ils sont faits pour exercer une activité. Ils se sentent utiles, nécessaires. Ils ont trouvé leurs places. Et si l’on pouvait   etre né juste pour voyager?  Si l’on était fait pour le mouvement permanent , les cycles et les moments. On a besoin de d’oser, changer et évoluer. On part à la recherche du grandiose du meveilleux. Je crois à l’appel du voyage. C’est une vraie passion voire  une addiction. La plus addictive de toutes, car tout sevrage est impossible.

On recherche tous un sens à notre existence. On lutte contre l’absurdité. Pour certains donner la vie est une manière de donner un sens à sa propre existente. Pour d’autres voyager est une quète de sens. Au fond on recherche tous la meme chose. Voyager rend vivant et libre. C’est pour cette raison  que ce blog s’est finalement appelé affranchie. Le voyage libère.

On connaît tous le livre de Jack London L‘appel de la forêt.  Un chien domestique est vendu et devient chien de traineau, en pleine nature il revient à ses instincts, ce pourquoi il est fait : la nature. L’appel de la liberté existe, j’en suis sure mais paradoxalement on peut désirer s’enraciner dans un lieu et se sentir profondément relier et attacher à d’autres personnes. On peut désirer rentrer dans le rang, se ranger et se normaliser. Par périodes, on peut meme désirer une maison, une vie calme et le lendemain ne plus tolérer aucunes habitudes et se sentir mourrir à petit feu par ce meme enracinement. Je comprends ces gens qui désirent la stabilité, une famille, des moments simples. Je trouve cette image d’épinal magnifique. Comme une belle carte postale d’un pays étranger. Rapidement cette pensée devient étouffante. Ce sont deux pulsions opposées coexistant en une même personne.

L’enracinement est un luxe. C’est une chance de venir d’un lieu, se sentir d’une origine, appartenir à un autre. Savoir d’où l’on vient, de qui l’on vient mais sans savoir vers où l’on va est la liberté ultime. Certains aimerait avoir quelque chose à quitter.

Nous sommes une génération avec des choix multiples. On est même « gâtés pourris » de choix. Trop de possibilités tue les possibilités. Des choix de vies sont nombreux, simplement nous ne  tracons plus  nos routes mais empruntons des chemins alternatifs faussement avant gardistes. Il faut en avoir conscience.

Nous sommes nombreux à avoir ces choix. Ce luxe incroyable de pouvoir decider de sa vie. Nous avons le privilège de l’ambivalence.

C’est quand la vie devient trop pesante, trop lourde que l’on désir s’échapper à la recherche de légèreté, d’une joie simple de vivre. Tuer ce que la société et la civilisation ont falsifié  en nous pour revenir à quelque chose de plus authentique.

Ce n’est pas simple tous les jours de gérer ses contradictions. Ces conflits entre la nouveauté et l’habitude, l’aventure et la stabilité nous animent tous. Si l’on est attentif l’une prend souvent le dessus, et elle, la pirogue, devient une évidence.

La meilleure adresse de Glasgow : le Blythswood square hôtel

Voilà l’hôtel qui m’a empêché de visiter la ville de Glasgow comme il se doit. Tout simplement car il est fabuleux et qu’on a juste envie d’y cocooner . On m’a pourtant dit : « tu verras Glasgow est une ville géniale, la scène musicale et passionnante et avant-gardiste, l’architecture est originale et ne ressemble en rien au reste de l’Ecosse. » Le coup de foudre pour Glasgow n’a pas eu lieu, je préfère largement sa rivale Edimbourg. En revanche j’ai eu un « gros crush » (traduction anglaise, pseudo hype et déjà ringarde de coup de foudre) pour le Blythswood Square Hotel. Comme l’Ecosse reste britannique vous avez envie de me demander : why?

 

Je n’ai que des points positifs à aborder. J’ai eu le plaisir d’y passer deux nuits. De quoi profiter sans précipitations de l’hôtel et tous ses atouts.

Je vais vous donner  6 bonnes raisons de vous rendre au Blythswood Square Hotel

Le personnel

D’abord le principal, ce qui fait un hôtel de qualité pour moi : l’état d’esprit qu’il y règne. Le personnel est jeune, agréable, dynamique tout en étant très professionnel. L’on est accueilli très chaleureusement. L’ensemble des équipes (restaurant, concierge, réception bar et spa) est vraiment  avenant et attentif.

L’architecture

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La façade principale laisse deviner un hôtel historique récemment modernisé situé sur l’une des places centrales du haut Glasgow. L’architecture est typiquement géorgienne. Le Blythswood square hôtel est au cœur de la ville et les hauts lieux à visiter sont tout proches, tout en étant d’un calme absolu.

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L’architecture est moderne tout en conservant un certain classicisme.  De nombreux détails m’ont évoqué « l’âge d’or d’Hollywood ». L’ancien et le nouveau se mélangent parfaitement. En toile de fond nous avons un décor blanc avec des colonnes à perte de vue donnant une atmosphère baroque et aristocratique et pour animer ce décor nous avons un mobilier contemporain, design et moderne.

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La décoration est vraiment attrayante et chic. Les fauteuils en velours rouges capitonnés apporte une forme de glamour.

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Une référence.

C’est une adresse prestigieuse depuis le XIX Siècle. Les maisons de ville géorgiennes abritaient à l’origine de riches marchands. Elles ont ensuite été transformées en siège de club pour le Royal Scottish Automobile Club. L’hôtel fait référence par petites touches à ce glorieux passé. D’autre part, il est lauréat en 2017 du prix de l’hôtel de l’année aux Scottish Hôtels Awards… prix amplement mérité.

 

Les chambres.

Les ambiances élégante et raffinée sont propices à la détente. L’hôtel possède 93 chambres 6 suites et un penthouse. Toutes sont personnalisées et décorées avec gout.

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J’ai vraiment adoré ma chambre. Le mot adorer est faible. La chambre est spacieuse, confortable avec tout ce qu’il faut de luxe sans  trop en faire. Un Sofa, un lit gigantesque, drap de cotons égyptiens, tweed harris. Ce tissu est vraiment mis en valeur avec subtilité. Le gris et le violet ajoutent un coté classe et raffiné. Mon coup de cœur va pour la salle de bain en marbre brun (j’ai même appris que ce fameux marbre brun est en réalité espagnol) avec une ouverture coulissante donnant sur la chambre. C’est vraiment une super idée déco pour agrandir l’espace. La salle de bain était vraiment grandiose avec douche et baignoire dernier cri.

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Le spa

Il est vraiment relaxant, calme et bien conçu. Il propose de nombreuses expériences corporelles. (Hamam, sauna, jacuzzi, bain au sel de la mer morte, douche au rassoul ,piscine ) l’ambiance est tamisée et intimiste. On est totalement relaxé, détendu. Un vrai cocon enveloppant. La gamme d’offres est vraiment impressionnante je ne peux pas détailler tous les soins mais la palette proposée est vaste.

 

La décoration est vraiment attrayante et chic.

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Mes expériences.

Au risque de me répéter tout a été fantastique dans cet hôtel. J’ai eu la possibilité d’essayer le spa, un soin et un diner.

Alors je vous présente mon soin : Le ila shakra well-being. Son but est de rééquilibrer la tète, le corps et l’esprit. C’est un vrai soin de plus de deux heures totalement adapté aux problèmes de santé de chaque personne. D’abord , on vous propose un questionnaire dans le but d’en savoir plus sur vous , vos habitudes de vie, vos problèmes de santé, les zones douloureuses de votre corps pour optimiser le soin et le rendre le plus efficace possible.

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La thérapeute prend connaissance de ce fameux questionnaire et adapte le soin en conséquence et prépare des huiles essentielles spécifiques.

Le massage a probablement duré plus de deux heures et c’était fabuleux, relaxant voire hypnotisant puisque je me suis endormie…

 

Le Diner

Je suis une gourmande, une pure, une vraie. Lorsque je voyage je goute forcément à tout. La table est réservée pour 19h30. Je pense à ce repas depuis probablement le matin!! La salle du restaurant est vraiment grandiose. Elle impressionne. On m’installe et le spectacle commence.

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En entrée je choisis un peu au hasard : SEARED ISLE OF MULL SCALLOPS. Mon anglais est plutôt limité mais je sais qu’il y’a ce mets dont je raffole et pour lequel je suis capable de me rendre en Ecosse une troisième fois : Le Haggis. A ma grande surprise viennent s’ajouter dans ce plat des coquilles saint jacques ( preuve que mon anglais est vraiment limité). C’est délicieux, fin et original. L’entrée est prometteuse.

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Comme plat principal je choisis TANDOORI STYLE MONKFISH & KING PRAWN. La qualité du restaurant se confirme. Le plat est un délice.

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Enfin mon plat préféré. Le moment qui fait tout chavirer. On a beau dire c’est toujours le dessert qui nous fait revenir dans un restaurant. Mon cœur vacille et je tranche non sans mal pour un BLYTHSWOOD SQUARE BAKED ALASKA. C’est un Brownie de chocolat noir accompagné d’une meringue de noix de coco et de framboises.

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Je crois que c’est la première fois que je quitte un hôtel avec autant de tristesse. Vraiment, je m’y suis sentie bien, reposée, comme dans un écrin.

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Comme une envie de revenir.

 

 

 

 

Un petit tour en Ecosse…

Le chateau d’Edimbourg

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Une falaise sur l’ile de Skye.

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Une rue typique d’Edimbourg.

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Haddington un village proche de la capitale.

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La magnifique ile de Skye.

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Le port de Portree sur l’ile de Skye.

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Encore une rue d’Edimbourg.

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Une institution d’Edimbourg

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Des mots et un blog…

« Je parle donc je suis » et « je m’expose donc je suis » ont remplacé « je pense donc je suis ». C’est le nouveau crédo de notre société.

Je me souviens des doutes. Je me posais beaucoup trop de questions. J’étais très ambivalente. Parvenir à la création de blog a été un long cheminement. J’ai souvent perçu les réseaux sociaux comme une plateforme exacerbant les narcissismes. On s’expose volontairement, on fait un pas pour soi en se mettant en avant. Et si c’était un pas vers les autres?

Ce blog a été mon microphone. J’ai toujours aimé réfléchir, penser. Je n’ai jamais aimé dire. Je ne savais pas créer. Ce site m’a profondément modifiée.

J’ai commencé à voyager pour pouvoir me dire « tu auras vécu » j’ai crée ce blog pour me dire « tu auras parlé ».

Ce blog a un an et depuis quelques temps je réfléchis à tout ce qu’il m’a apporté. Il m’a offert expression et création. Je me sens de plus en plus légitime même si appuyer sur le bouton publier est toujours aussi difficile, surtout pour un texte comme celui ci.

J’avais envie de transmettre quelque chose de profond et d’intime sans forcément verser dans la sensiblerie ou l’exhibitionnisme. Dire ce que l’on se permet de prononcer qu’en soi même. Faire ce que l’on se permet seulement en rêve. C’est difficile de dire non aux autres et se dire oui à soi.

Les réseaux sociaux peuvent aussi être le tremplin des timides, des gens de l’ombre, ceux qui préfèrent être assis dans le coin d’un restaurant à observer.

Se mettre en avant ne doit pas être seulement le droit des narcisses,  ceux qui osent tout et n’ont honte de rien, surtout pas d’eux mêmes. J’ai souvent perçu  les réseaux sociaux comme le moyen d’expression favori de ceux qui aiment la lumière, le projecteur de trop. Et si le virtuel était émancipateur et pouvait améliorer la vie réelle?

C’est vrai, quand on prend la parole, lorsque l’on écrit, on accorde de la valeur à notre pensée, comme si elle devait traverser également les autres. J’ai décidé d’accorder de la valeur à ma parole le jour de la publication de mon premier article. Je me suis octroyé ce droit et je le considère désormais comme un devoir.

 

 

L’Irlande au cinéma…

Killing Bono…

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Un film très original sur le groupe irlandais par excellence U2.

Pitch: On est au cœur de Dublin en 1976, Mount Temple , un lycée original et novateur voit naitre la formation de deux groupes. Le premier restera à jamais dans les oubliettes des 80’s le second deviendra le groupe des 80’s… Une mise en parallèle drôle décalée, basée sur une histoire vraie!

 

Bloody Sunday…

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Un film engagé au réalisme bluffant, important pour comprendre le conflit nord irlandais.

Pitch:Le dimanche 30 Janvier 1972 , les catholiques sont appelés à descendre pacifiquement dans les rues de Derry. Cette marche pour les droits civiques va devenir un véritable chaos. L’armée britannique ouvre le feu, 13 innocents seront tués. C’ est dur et émouvant. Bloody Sunday est fondamental si l’on veut saisir le climat de violence en Irlande à cette époque. Il  permet également d’étendre les thématiques: comprendre l’escalade de la violence, les mécanismes de la haine et les sentiment d’oppression et d’injustice d’une communauté.

The magdalenes sisters.

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Militant et féministe… portraits de femmes dans une Irlande ou la religion est un moyen d’oppression

Pitch: Fermées en 1996 (je sais c’est terrifiant) les couvent de la Madeleine étaient la prison des femmes qui avaient des relations sexuelles en dehors du mariage. Quelles soient victimes de viols, abandonnées par leurs compagnons, ou simplement un peu plus libres que les autres, les mères célibataires étaient enfermées, exploitées et maltraitées dans ces prisons religieuses. Les femmes sont par natures des pécheresses. La prière et le travail doivent être un rachat. Un magnifique trio de femmes en route vers la liberté.

The Commitments.

The Commitments : Cinema Quad Poster

Une comédie musicale pas comme les autres.

Pitch: Au milieu des 80’s des jeunes chômeurs irlandais décident  de former un groupe aux influences soul mais avec pour toile de fond la banlieue irlandaise. Issus du même milieu ouvrier  les membres du groupe vont évoluer, progresser puis éclater. Distrayant mais plus engagé qu’il n’y parait.

 

 

Les moissons d’Irlande.

Les_Moissons_d_Irlande

Un magnifique film sur un mot qui n’existe pas la « soeuralité ».

Pitch:  Près de Donegal, dans les années trente cinq sœurs vivant en quasi autarcie vont voir leurs relations bouleversées par le retour du frère prodigue, parti vingt cinq ans en Afrique. Elle vont également,  faire le voyage de leurs vies. Des actrices formidables pour un film beau, fort et émouvant. L’Irlande comme on l’imagine.

Breakfast on Pluto…

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Itinéraire d’un travesti dans l’Irlande des années soixante dix.

Pitch: La petite phrase du dessus annonce un scénario original. Un film  dans lequel l’Ile verte n’est pas un paradis mais plutôt puritaine, stricte et synonyme d’enfermement. L’acteur Cillian Murphy est comme à son habitude génial dans ce portrait d’un travesti iconoclaste en quête d’identité. En route pour Londres, symbolisant pour lui la liberté et le paradis  urbain tolérant et anonyme, Kitten par sa personnalité est une ode à la tolérance. Drole, dérangeant et poétique.

 

J’ai présenté un tout petit échantillon de films reliés à L’Irlande. A votre tour de mes faire découvrir vos films irlandais!!

Je vous conseille mon post concernant la musique La ballade irlandaise.