Mademoiselle n’existe plus. Elle était une dame en devenir. Bien plus qu’un précis administratif, elle était latente. Chrysalidaire. Elle était une fille. Une femme pas encore mariée, pas encore devenue propriété privée. Il n’y avait pas d’équivalent masculin. Comme si elle n’était pas entièrement aboutie. Femme en perpétuelle transition. Besoin d’un autre pour lui donner une identité pour la vie.

Créature incomplète, identité transformable.
Comme un troisième genre. La désignation est symbolique. Les messieurs n’avaient ni étape transitoire, ni chrysalide. Ils naissaient et mourraient identiques. La femme était un territoire à conquérir sur lequel on devait poser un nouveau nom. Une identité modulable et interchangeable.


Mademoiselle avait deux choix, deux chemins de vies possibles. Se marier être convenable, conforme. Prendre le titre de madame. C’était joli, ça faisait rêver les petites filles. Reine d’un jour avec une couronne sans pouvoir. Elle s’était exercée sur ses cahiers d’enfants, accoler son prénom à celui d’un potentiel époux. C’était valorisant, elle se sentait spéciale. De toute façon, rien d’ extraordinaire ne lui arriverait. La demoiselle pouvait s’échapper, refuser cette vie. Elle adoptait alors le titre de vieille fille. La dénomination qui faisait frémir. Comme un fruit fletri que l’on n’a pas croqué. Évidemment la vieille fille avait une histoire sordide. Forcément, quelque chose avait mal tourné. Un fiancé mort à la guerre. Un cœur brisé jamais rafistolé. Un amoureux avait choisi une autre reine. Trop moche ou pas assez docile. C’était ce qui pouvait se passer de pire dans la vie d’une femme. Le contre exemple. Elle alimentait les ragots du village. Plus loin dans le temps c’était une sorcière. L’indépendance d’une femme était un contre destin… Elle doit toujours se fondre dans un nom, un lieu. Rien ne lui appartenait vraiment pas meme ses enfants. Portée par son corps mais portant le nom d’un autre. Son corps était un bien foncier. Les dénominations changent le conservatisme reste. Aujourd’hui la féministe effraie. Celle que l’on dit en colère contre les hommes alors qu’en réalité elle souhaite une société meilleur pour ses sœurs.

 

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