Nous crĂ©ons tant de mythes, de mystifications autour du voyage. J’ai juste envie aujourd’hui de dĂ©boulonner et faire tomber quelques statues. On idĂ©alise tellement le voyage, moi la premiere, que l’on se ment Ă  soi meme. Comme pour maintenir un mythe en vie. On conserve ainsi une image intacte du voyage mais des souvenirs et sensations fausses.

Evidemment, partir est merveilleux. Je le rĂ©pĂ©te constamment sur ce blog : Voyager transforme. On a une chance folle de pouvoir posseder cette libertĂ© (On nous le rĂšpĂšte assez souvent d’ailleurs). J’ai conscience d’idĂ©aliser le voyage et d’attendre bien trop souvent ma prochaine destination. RĂ©cemment je me suis questionnĂ©e sur l’impact que pouvait avoir cet idĂ©al. Suis je une vendeuse de rĂšve? Il y’ a deux ans quasiment jour pour jour j’avais tout quittĂ©, pour entreprendre mon plus beau et plus long voyage. Les trois mois de ma vie qui ont tout changĂ©. J’Ă©tais nostalgique, happĂ©e par les souvenirs.

Ce qui me manque par dessus tout c’est la libertĂ©. Je me sentais lĂ©gĂšre et forte. En essayant de comprendre oĂč Ă©tait partie cette libertĂ©. J’ai essayĂ© de regarder ce voyage droit dans les yeux. Objectivement, est ce que tout avait Ă©tĂ© si bien? Ai-je inconsciemment occultĂ© certains moments pour fabriquer une utopie voyageuse?

Tout n’a pas Ă©tĂ© parfait mais chaques moments a eu son role, meme les instants les plus durs. L’on refoule parfois inconsciement les facettes plus sombres . L’on met de cotĂ© les aspects nĂ©gatifs, les sentiments plus complexes et contrastĂ©s. On les garde en soi, on les refoule le plus loin possible pour ne garder que les sensations agrĂ©ables. On peut alors rĂ©citer un discours plaquĂ© et rĂ©ducteur. Inutile de le recopier ici vous le connaissez tous.   Pourquoi ne jamais mentionner les ratĂ©s des nos pĂ©riples?

Nos escapades ont leurs propres tabous : Les ressentis , les choses pas vraiment glorieuses, les choses pas belles dont on ne peut pas se liberer car l’on n’en parle jamais. Ce sont mes non dits mais aussi peut etre un peu les votres. C’est Ă©trange de le dire mais cela demande un certain courage. Je sais d’avance que certains ne partageront pas mon avis. Je sais aussi que ce texte ne plaira pas forcĂ©ment Ă  tous. Mais vous n’en avez pas marre de cet image Ă©dulcorĂ©e, lisse et sirupeuse du voyage?

Mythe numĂ©ro 1: Partir Ă  la dĂ©couverte d’autres cultures.

Je vous prĂ©sente la phrase la plus agacante de la terre, une vielle relique du colonialisme. Cette phrase vous l’entendrait dans chaque bar un peu branchĂ© de la capitale, dans chaque Ă©mission pseudo dĂ©vouverte : « ils sont tellement gentils, ils n’ont rien mais il donnent tout ». Evidemment « ils » se sont « les locaux » « les autres », les thailandais, les pĂ©ruviens, les birmans, les sĂ©nĂ©galais… « les gentils qui n’ont rien mais qui donnent tout » ce ne sont pas les français, les suĂ©dois et surement pas les amĂ©ricains. Ce sont de prĂ©fĂ©rences des « gentils » des anciennes colonies. On a parfois honte de ce qu’ont fait nos pays aux leurs. On voudrait meme parfois s’excuser aux nom des notres. Je me souviens d’un chauffeur de taxi cambodgien qui en apprenant que j’Ă©tais francaise m’a dit : » ton pays a colonisĂ© le mien, c’est du passĂ©. Le problĂšme c’est que les allemands, les amĂ©ricains ont rendu les oeuvres d’art khmers mais vous les francais vous nous avez rien rendu. jamais ». Je ne savais meme pas quoi rĂ©pondre, je ne suis pas responsable de ce qu’a fait mon pays au sien mais quand meme la petite pointe de culpabilitĂ© pointe le bout de son nez. On ne sait d’ailleurs pas trop quoi faire de ce sentiment.

Je raconte cette anecdote aussi pour amener un sujet dont on ne parle jamais : le lien entre voyage et  nĂ©ocolonialisme. C’est dĂ©rengeant, c’est vrai. Lorsque l’on voyage nos intentions sont louables et belles. Nous ne sommes pas des colons. Nous ne pillons pas. Individuellement non, mais collectivement nous avons un impact. Nous avons modifiĂ©, l’Ă©cosystĂšme, le rapport Ă  l’argent, l’Ă©conomie. Moi cela me gĂšne et me questionne.

On veut de belles rencontres avec les fameux « gentils locaux ». On veut de l’Ă©change, du pur, de l’authentique, un lien non galvaudĂ© par la civilisation occidentale qui elle est forcĂ©ment fausse et destructrice. On pense Ă  Rousseau, Voltaire, Diderot & co et l’on se dit que le « mythe du bon sauvage » est tenace. En rĂ©alitĂ©, hommes et femmes sont les mĂȘmes tout autour du globe. Toutes formes de relations peut s’instaurer. Vous ferez de belles et de mauvaises rencontres.

Les sentiments  que l’on peut ressentir vis Ă  vis de ces fameux « gentils qui n’ont rien mais qui donnent tout » sont complexes. On recherche en voyageant quelque chose de simple et d’essentiel que l’on pense avoir perdu. On s’imagine que l’on va trouver ce « quelque chose » ailleurs au contact de gens qui vivent plus simplement. J’ai souvent pensĂ©, qu’eux, ils Ă©changeraient volontier leurs vies contre les notres. Je me suis souvent demandĂ©e ce que pouvait penser un paysan de la Birmanie profonde lorsqu’il voit debarquer dans son village sans eau ni electricitĂ© des trekkers en quete d’authentitcitĂ©. Je voyage aussi pour rechercher cette fameuse chose essentielle.  Je dois me l’avouer il y’a quelque chose d’indĂ©cent. Je me suis souvent dĂ©culpabilisĂ©e en essayant d’avoir le moins d’impact nĂ©gatif et me faire la plus discrete possible. C’est un rapport humain trĂ©s complexe. Il faut etre capable de nombreuses remises en question.

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Mythe numéro 2: Les réseaux sociaux un vrai partage?

Vous n’etes pas lassĂ©s de ces couchers de soleil sur Instagram? On devrait boycotter ces snaps creux et sans profondeur dont on est matraquĂ©. J’enfonce peut etre une porte ouverte mais on a le droit de se questionner sur l’impact des rĂ©seaux sociaux concernant le voyage.

Un jour je vais faire une overdose. Une Ă©norme overdose de barbies voyageuses instagrameuses. Evidemment, nous françaises cela ne nous touchent pas. Nos comptes sont propres. Nous sommes trop humbles, trop profondes pour oser parader en bikini sur instagram. Ce phĂ©nomene touche seulement les americaines ( les californiennes pas celles du Midwest, la fille du Wisconsin ne fait rever personne!). Je me demande vraiment quelle est la nĂ©cessitĂ© de faire apparaite un dĂ©colettĂ© Ă  cotĂ© du taj mahal? Je le concĂšde elles sont belles, sentent bon le sable chaud, les cheuveux wavy… Comme petite lĂ©gende on pourrait presque lire :   » je partage cette magnifique photo de moi meme, dans un endroit de rĂšve car je suis trop belle. Passez une bonne journĂ©e dans vos bureaux open space. » On ne sait plus si l’on regarde le compte d’une voyageuse ou un dĂ©filĂ© de Victoria Secret.

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De mon cotĂ© j’ai trop mangĂ© de Pad thai en thailande pour montrer autre chose que mon visage. Les rĂ©seaux sociaux sont un mirroir dĂ©formant d’une incroyable superficialitĂ©. Je sais que je n’Ă©chappe pas Ă  cette rĂšgle. J’ai bien conscience parfois de ne livrer qu’une parcelle de rĂ©alitĂ©.

Voyager c’est le contraire de tout ca. Les rĂ©seaux sociaux ne reflĂštent en rien la rĂ©alitĂ© du voyage. Ce sont des bribes de voyages sĂ©lectionnĂ©es pour vendre du rĂȘve. Les rĂ©seaux sociaux servent Ă  cela, vendre du rĂȘve et du « produit voyage ». Le plus triste c’est ce terrible constat: moins l’on voyage plus l’on passe du temps sur les rĂ©seaux sociaux Ă  regarder les photos des autres. Ils s’Ă©vadent par procuration. Les meilleurs lecteurs de rĂ©cits de voyages, les plus enthousiastes sont ceux qui ne peuvent pas voyager, ceux qui sont bloquĂ©s dans une vie ou dans un systĂšme de pensĂ©e. J’espĂšre ne jamais crĂ©er de frustrations mais plutĂŽt une impulsion.  On ne sait jamais ce qu’il y’a au delà  de cette image filtrĂ©e trop saturĂ©.

Mythe numéro 3: voyageurs anticonsommateurs ?

Voyager est entrĂ© dans le temple de la consommation. On consomme des destinations. On a fait tel pays. On les compte. On impressionne avec nos destinations lointaines. Il faut avoir fait l’Europe de l’Est avant ses trente ans, un whv avant ses 35ans. Celui qui ne voyage pas car sa vie ne lui permet pas peut se sentir exclu. On devrait voyager juste pour le plaisir pas pour le « bling bling travel ». On connait tous quelqu’un d’un peu comme ça, qui compte les pays, les villes, les aeroports…

On a tout quittĂ© pour etre libre, parceque l’on se sentait diffĂ©rent, on arrivait pas Ă  rentrer dans le moule. En rĂ©alitĂ© on a juste quitter un moule pour un autre. J’ai rencontrĂ© tellement de voyageurs qui eux aussi avaient tout quittĂ©. Finalement, nous avons crĂ©e un autre systĂšme tout aussi conformiste mais plus subtil. On ne le perçoit pas car il est fair sur mesure.

J’ai crĂ©e ce blog pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elle Ă©tait de dire « si je voyage vous pouvez le faire ». Mon intention n’Ă©tait pas d’afficher un mode vie inaccessible.

Mythe numéro 4: Le voyageur sans peur et sans reproche.

Les recits de voyages, les grands auteurs  ont crĂ©e le mythe du voyageur hĂ©roique. Un hĂ©ros , vivant des choses difficiles mais qu’il finit toujours par surmonter. En rĂ©alitĂ© le voyageur est bien souvent un anti hĂ©ros. Il a souvent peur et souvent mal mais il n’en parle jamais.

L’on recherche le spĂ©ctaculaire, le merveilleux, l’aventure. Alors l’on ne raconte jamais les dĂ©ceptions, le misĂ©rable, l’ennui. Le voyage procrure un tel sentiment de bien etre et de libertĂ© que tout sentiment nĂ©gatif doit disparaitre automatiquement.
Comme si ils n’avaient pas leurs places en voyage. Je crois que nous avons crĂ©e nous meme cette mystification, comme un mensonge Ă  soi.

En rĂ©alitĂ© qui ne s’est jamais senti mal ? Qui n’a jamais ressenti un profond dĂ©calage? Qui n’a jamais Ă©tĂ© rattrapĂ© par ses propres problĂšmes? Qui n’a jamais Ă©tĂ© dĂ©cu ou frustrĂ©? Qui n’ a jamais connu de grosses galĂšres  tellement pesantes qu’elles gachent le plaisir de dĂ©couvrir.

Ce ne sont pas des choses que l’on raconte. Peu de recits Ă©voquent les moments difficiles, les doutes.

Mythe numéro 5: le voyageur est solitaire.

Nos tribulations ont un impact. Le voyageur n’est pas le seul concernĂ©. La culpabilitĂ© on en parle? Elle prend de nombreuses formes. Quoiqu’on en pense le voyage exige une certaine forme d’individualisme, un Ă©go sain. L’on s’est sorti seul de situations complexes. On a appri Ă  ne compter que sur soi et Ă  faire passer ses instincts et envies en premier. Cela concerne peut ĂȘtre plus les voyageurs solos, ceux qui ont passĂ© du temps seul car ils en avaient besoin. L’on a appris Ă  s’ecouter en voyageant, cela peut parfois devenir difficile de suivre les envies d’un autre car l’on a changĂ©.

Le pire c’est de laisser derriĂšre soi des gens qu’on aime, passer Ă  cotĂ© de moments de vies. Ce n’est pas comme si dĂ©hambuler Ă©tait une obligation, c’est un choix. On prend cette route en connaissance de cause. Toutes dĂ©cisions impliquent sacrifices et renoncements. Lorsque l’on part on impose aux proches son absence. On laisse son ombre. Laisser Ă  l’autre des parcelles de soi est terrible. Loin de moi l’idĂ©e de rajouter de la culpabilitĂ© Ă  la culpabilitĂ©. Simplement il faut etre lucide on culpabilise tous. Quel voyageur ne s’est jamais senti Ă©goiste? C’est un Ă©goisme lĂ©gitime mais difficile de se pardonner. Comme si voyager exigeait un sacrifice : Ne pas etre present Ă  certains anniversaires, etre parfois oubliĂ©.

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Parfois il est difficile de maintenir un lien avec les autres, on est moins prĂ©sent dans le quotidien, moins prĂ©sent dans les moments difficiles. On vit complĂštement autre chose. C’est parfois difficile de communiquer ce que l’on vit, de partager les changements.

Le manque de l’autre. La solitude engendrĂ©e, que meme les plus belles rencontres ne comblent jamais. Avoir toujours dans un coin de la tete ces personnes qui nous manquent.

Mythe numéro 6 : De déouvertes en découvertes?

 

L’habituation au merveilleux est terrible. On voyage pour vivre des Ă©motions fortes et quitter une routine oppressante : On veut vivre vraiment, voir des choses incroyables. On est enfin loin de tout, on a enfin accĂ©s Ă  ce que l’on souhaitait le plus et paradoxalement une nouvelle forme de routine nait. Chaque jour est dĂ©diĂ© Ă  la dĂ©couverte. L’aventure devient quotidienne et l’on s’habitue au merveilleux.

Parfois on veut tellement quelque chose et puis quand on l’a… Atteindre un vieux reve amene des Ă©motions plus complexes qu’il n’y parait. On met juste du temps Ă  rĂ©aliser ou l’on est, ce que l’on a vĂ©cu. C’est trop d’un coup et un sentiment de dĂ©rĂ©alisation peut apparaitre.

Trop de libertĂ© tue la libertĂ©. Trop de voyages tue le voyage. Comme un enfant gatĂ© pourri on oublie qu’on est le chanceux d’autrui. Apres plusieurs mois sur les routes, moins de choses peuvent nous surprendre. Je ne sais pas comment appeler ce sentiment proche de la lassitude et de la desillusion. Cette capacitĂ© d’Ă©merveillement se perd trĂ©s vite. Il en faut beaucoup pour s’enthousiasmer et etre Ă©poustoufler. L’extraordinaire devient ordinaire. Peut etre est ce un passage nĂ©cessaire pour rĂ©ellement accĂ©der Ă  l’essentiel d’un pays et oublier les sites touristiques et vouloir se perdre dans les petites rues, passer du temps hors des sentiers battus et se laisser surprendre Ă  nouveau. L’etre humain s’adapte Ă  tout au pire et au meilleur.

 

Voila, un texte que j’ai adorĂ© Ă©crire car peu conventionnel. Totalement Ă  l’opposĂ© de mon discours habituel.

Je serais curieuse, à présent, de lire vos impressions et surtout vos ratés, vos ressentis et vos désillusions. Si jamais ces émotions négatives ne sont pas passées par vous je serais curieuse de savoir pour quelles raisons et connaitre vos recettes secretes!!

 

 

66 Comments

  1. J’ai voyagĂ© avant les rĂ©seaux sociaux et les appareils numĂ©riques, le regard Ă©tait diffĂ©rent et ça aide Ă  le garder… J’ai pu rencontrer des locaux dans mes voyages professionnels, beaucoup moins dans mes voyages privĂ©s ..;
    ps: je crois bien que tu as deux mythes n° 5

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  2. Bonsoir Marine,

    Merci infiniment pour cet article, criant de vĂ©ritĂ©s, sincĂšre et authentique et qui lĂšve bon nombre de tabous. Quelque part, ça fait Ă©cho Ă  mon propre blog que j’avais lancĂ© au mois d’octobre. Du malaise que je ressens depuis quelques temps et ma difficultĂ© de poursuivre ce projet et d’écrire sur le thĂšme des voyages


    Tu as rĂ©ussi Ă  exprimer tout ce malaise que je n’arrivais pas Ă  dire
 Peut-ĂȘtre parce que je me mentais Ă  moi-mĂȘme et parce que je ne voulais voir que les bons cĂŽtĂ©s de mes voyages.
    Souvent, on ne parle pas (ou trĂšs peu) des situations difficiles qu’on peut rencontrer aux cours d’un voyage. Ces dĂ©calages, malaises, moments difficiles.

    Quand je parle de mes racines balkaniques, je parle beaucoup de la beautĂ© des paysages, de la richesse de sa faune et sa flore. Mais j’occulte un certain nombre de choses, que je vois pourtant chaque annĂ©e et/ou que je lis dans la presse locale. Les tensions gĂ©opolitiques et ethniques, la nature polluĂ©e par l’incivilitĂ© des gens, le contexte Ă©conomique qui poussent les jeunes Ă  s’expatrier. Les idĂ©es reçues que je me prends en Ă©coutant mes cousins, qui croyaient que ma vie en France Ă©tait bien plus meilleure que la leur. Et en s’expatriant, ils ont dĂ©couvert que l’herbe n’est pas aussi verte chez moi.

    Parfois, tu crois avoir Ă©chappĂ© aux soucis, le temps d’un voyage
 Mais ils finissent toujours par s’inviter. Mes peines m’ont rattrapĂ©, mĂȘme couchĂ© sur un transat, Ă  contempler la lune et les Ă©toiles sur une plage dĂ©serte des Ăźles Canaries, en pleine nuit.

    Un soir, je me rappelle avoir terriblement souffert
 À un tel point que j’ai dĂ©sertĂ© l’animation du club de vacances parce que je peinais Ă  m’amuser et Ă  trouver ma place. Je me suis senti complĂštement exclu
 De trop


    …Et tout est parti d’une situation complĂštement anodine. Je quitte un instant ma table pour commander un verre
 En retournant m’asseoir, je me fais dĂ©loger par une famille qui s’installe tranquillement. Plus aucune place oĂč s’asseoir. Et c’est arrivĂ© assez frĂ©quemment lors de mon sĂ©jour. Ça m’a bouffĂ© de l’intĂ©rieur car j’attendais beaucoup de ce premier voyage en solo. Limite je culpabilisais d’avoir fait ce voyage. Ce matin-lĂ , j’ai craquĂ© et pleurĂ© dans ma chambre d’hĂŽtel. Je n’oublierai jamais ce moment


    À mon sens, aucune photo, aucun article ne peut vraiment retranscrire mes Ă©motions, ce que je peux ressentir au plus profond de moi Ă  un moment de mon voyage. Il y a des instants de voyage que je prĂ©fĂšre garder pour moi, par pudeur
 Les instant les plus vrais et authentiques d’un voyage, son ceux qu’on ne montre pas et immortalise pas. C’est juste quelque part, au fond de son cƓur.

    Je prĂ©fĂšre considĂ©rer chaque voyage comme une initiation, une expĂ©rience unique sur le plan personnel
 Mais pas comme une façon de prouver un quelconque bonheur ou une profonde ouverture d’esprit. Un voyage en solo, c’est un moyen pour moi d’ĂȘtre seul, face Ă  soi-mĂȘme, de se retrouver et se poser. Les photos et bibelots sont des souvenirs
 Mais le plus important dans un voyage, c’est ce qui se passe Ă  l’intĂ©rieur de soi.

    Merci encore pour cet article et dĂ©solĂ© pour ce commentaire un peu long, mais que j’ai pris plaisir Ă  rĂ©diger.

    Je te souhaite une bonne continuation et d’excellentes expĂ©riences Ă  venir.

    Bien Ă  toi.

    Ermin

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  3. Ce que tu Ă©cris est passionnant ! Toutes les subtilitĂ©s de la vie ! J’ai parfois ressentis des choses nĂ©gatives lorsqu’un voyage ne se passait pas comme prĂ©vu. Trop d’attente peut-ĂȘtre. Mais qu’est ce que j’aime l’attente et le rĂȘve du voyage ! Ça fait partie intĂ©grante du voyage pour moi ! Merci de soulever ces questions.

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  4. Merci d’avoir osĂ© publier cet article et parler Ă  coeur ouvert de toutes ces pensĂ©es que je suis sĂ»re, tout le monde a dĂ©jĂ  eu sans oser l’avouer ou se l’avouer… Comme toi, je m’interroge en permanence, je prĂ©pare un voyage d’un an et demi, et je ne compte plus les moments oĂč je me suis dit : mais dans le fond, pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu infliges Ă  tes proches la peine de ne pas te voir pendant 1 an et demi ? Pourquoi tu les abandonnes et risque de rater un anniversaire, une naissance, un mariage ? Et puis, pourquoi arriver avec ta gueule enfarinĂ©e d’europĂ©enne au milieu de pays et de personnes qui n’auront jamais le mĂȘme niveau de vie que toi ? Est-ce que ce n’est pas complĂštement hypocrite de dĂ©barquer pour une semaine dans un pays, vivre « Ă  la dur » (se laver Ă  l’eau froide et dormir sur un matelas dur quoi) alors que l’on sait que la semaine d’aprĂšs on sera bien au chaud chez soi ? Et que jamais on ne comprendras la vie de gens pour qui ça a toujours Ă©tĂ© comme ça ? On loue souvent la capacitĂ© des gens plus modestes Ă  ĂȘtre tout de mĂȘme heureux, voire plus que nous avec nos soucis de riches, Ă  ĂȘtre gĂ©nĂ©reux etc… Mais bon sang, c’est pas pour autant qu’on serait prĂȘt Ă  partager notre superbe baignoire toute blanche avec eux pour plus de quelques jours..

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  5. Oups mon commentaire est parti trop vite ^^
    Je m’interroge aussi sur notre impact Ă©cologique, je fais super attention au quotidien Ă  rĂ©duire mon impact Ă©cologique (moins de dĂ©chets, pas de voiture, j’achĂšte des produits locaux, bios etc…), mais par contre, je ne suis pas prĂȘte Ă  renoncer Ă  prendre l’avion alors que tous mes efforts du quotidien sont une poussiĂšre au niveau de mon bilan carbone par rapport au fait de ne prendre ne serait-ce qu’une fois l’avion dans l’annĂ©e… est-ce que ce n’est pas complĂštement hypocrite ça aussi ?
    Comme toi, je me dĂ©culpabilise en me disant que j’essaye d’adopter une façon de voyager responsable, en Ă©vitant le cĂŽtĂ© « voyeur » et « visite au zoo » que peuvent avoir certaines personnes, en m’adaptant au contexte, en restant discrĂšte, humble, en Ă©vitant de profiter de l’hospitalitĂ© des gens, en offrant ce que je peux, mais bon, ça ressemble quand mĂȘme Ă  des pansements que l’on colle sur de grosses plaies…

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    1. salut marie, je trouve tes deux commentaire bien plus interessant que mon texte en soi. je crois que nous sommes nombreux Ă  nous intĂ©rĂ©ssĂ©s sur les finalitĂ©s du voyage. Pourquoi partons nous? pourquoi est ce nĂ©cessaire. Je pense que la vraie rĂ©ponse c’est vivre autre chose et avoir une coupure. finalement ce n’est pas tellement le voyage en lui meme ou l’ailleurs. C’est plus etre ailleurs et un voyage initiatique!!

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  6. J’ai adorĂ© lire ton texte parce qu’il rejoint ceux qui m’ont fait adorer ton blog. Il est diffĂ©rent, trĂšs diffĂ©rent d’un point de vue contenu de ce que tu as l’habitude d’Ă©crire, je pense notamment Ă  ton article « nous sommes une gĂ©nĂ©ration qui voyage » et lĂ  je me demande est ce que ce ressenti que tu vĂ©hicules aujourd’hui que je qualifierai d’un peu blasĂ© nous vient quand on voyage beaucoup? Je ne juge pas, je pose la question sĂ©rieusement. Moi aussi ça m’est dĂ©jĂ  arrivĂ©, par exemple lors de ma visite Ă  Rome, je n’ai pas eu de coup de coeur. Peut ĂȘtre Ă©tait ce du Ă  la foule immense, aux graffitis qui dĂ©figurent la ville par endroits ou tout simplement pour avoir vu d’autres villes qui m’ont impressionnĂ© bien davantage, je pense notamment Ă  Florence.
    Sinon je suis d’accord avec toi, nous sommes un peu dans le dĂ©ni des mauvais cĂŽtĂ©s ou de toutes les choses nĂ©gatives qui peuvent nous arriver, nous les refoulons pour garder uniquement le meilleur de notre voyage. Est ce parce que nous avons toujours l’impression que le meilleur est ailleurs, loin de notre routine et de notre quotidien? Je ne saurai dire. Nous souhaitons nous raccrocher Ă  ce cĂŽtĂ© merveilleux peut ĂȘtre parce que nous sommes des amoureux farouches du voyage assoiffĂ©s de libertĂ© et d’ailleurs.
    Les instagrameuses dont tu parles, je ne sais mĂȘme pas comment les qualifier, hormis de superficielles 🙂 Et moi aussi j’ai horreur qu’on dise j’ai fait cette destination, oĂč j’ai fait tel endroit comme une course effrĂ©nĂ©e aux chiffres pour avoir fait le maximum de choses, de villes, de pays sans prendre le temps de les vivre de les savourer.
    Je te rejoins Ă©galement sur ce que tu penses des rĂ©seaux sociaux mĂȘme s’ils ne sont pas tous semblables, sur twitter les choses sont un peu diffĂ©rentes, il y a plusieurs blogueurs intĂ©ressants.
    Voila mon humble avis. Sinon continue d’Ă©crire et Ă  nous surprendre avec des textes comme ça qui font la diffĂ©rence.
    Tu as Ă©tĂ© l’une de mes grandes inspirations pour que je me lance Ă  mon tour dans l’expĂ©rience blog de voyage.
    Lamiae
    https://pourlamourduvoyage.com/

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    1. oh merci c ‘est vraiment trĂšs touchant… en rĂ©alitĂ© je n’ai pas grand chose d ‘inspirant c est juste quelque chose que tu as en toi et je t’encourage… je pense que mon texte, si je dois etre franche avec moi meme ,surtout sur l’habituation au merveilleux se produit lorsque que l’on a cette possibilitĂ© de voyager beaucoup. un peu comme un enfant gatĂ© pourri pour qui noel arrive plusieurs fois dans l’annĂ©e… le voyage perd de son carractĂšre sacrĂ©… mais je suis sure que lorsque l’on en prend conscience cela nous mĂšne vers autre chose de plus profond encore… merci pour tes encouragements et Ă  trĂšs vite!! ah oui je vais m’intĂ©resser Ă  twitter d’un peu plus prĂ©s…

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  7. Cela fait bien 4 fois que je repasse sur cette page, mais tout Ă  Ă©tĂ© dit par toi d’abord, puis chacun des lecteurs. Si je peux ajouter mon grain de sel, je dirais que je n’ai aucun complexe Ă  voyager, la seule chose qui m’importe c’est le respect envers les autochtones et leur culture. Rester discrĂšte en toutes circonstances, mais participer quand j’y suis invitĂ©e. Sinon je pense qu’un voyage est une entreprise trĂšs personnelle ds la mesure oĂč nous avons tous une bonne raison de le faire dans un endroit prĂ©cis. Tout dire (ou montrer) d’un sĂ©jour ? Je ne pense pas que « tout » soit interessant pour ceux qui ne l’ont pas fait et qui ne feront que lire. Sauf s’il s’agit d’un documentaire sur lequel on se basera pour un dĂ©part.
    Bonne soirée !!!

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      1. Je me posais dĂ©jĂ  ces questions, mais en les occultant. Donc, oui je me rends bien compte qu’il y a un espĂšce de voile illusoire et collectif sur le voyage, qui en soi n’en reste pas moins l’une des plus belles choses qui existe sur terre 🙂

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  8. Merci pour cet article !! Tu arrives Ă  mettre des mots sur des choses que nous sommes beaucoup Ă  ressentir je pense mais qu’il est parfois difficile d’admettre ou de se faire comprendre. Merci d’avoir fait cet exercice personnel, d’avoir le courage de le publier et de pointer le doigt sur ces vĂ©ritĂ©s !

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  9. Ton article est intĂ©ressant. Je te comprends tout Ă  fait sur le principe de la colonisation…. c’est un sujet dĂ©licat que tu as su dĂ©veloppĂ©. Concernant, Instagram, c’est une catastrophe en effet. Pour moi, le voyage est avant tout la dĂ©couverte (de soi, des autres, de ce Ă  quoi nous sommes attachĂ©s Ă©galement….). C’est aussi un moyen de mieux savoir ce dont on a besoin rĂ©ellement dans nos vies. Et je crois que chaque personne rencontrait sur nos chemins nous apportent quelque chose. Elles peuvent mĂȘme nous rendre meilleur.
    À la fin d’un voyage long, on a changĂ©, on a Ă©voluĂ©. On est diffĂ©rent… des fois, on ne se retrouve plus auprĂšs de ses proches, ça peut arriver….
    J’ai Ă©crit un article trĂšs court sur le sujet, aujourd’hui. Il est difficile de condenser des annees de voyages en un article. Pour revenir sur le SĂ©nĂ©gal, c’est trĂšs particulier. Si tu es allĂ©e Ă  Dakar, les rapports sont totalement diffĂ©rents avec les SĂ©nĂ©galais que si tu te retrouves en Casamance. Cette partie lĂ  du SĂ©nĂ©gal m’a laissĂ© une empreinte indĂ©lĂ©bile sur la chance que j’ai d’ĂȘtre en France… j’étais trĂšs jeune et cela m’a particuliĂšrement marquĂ©e.
    Bref, ce serait trĂšs long de dĂ©velopper chaque points. 🙂
    À bientĂŽt, trĂšs bel article en tout cas! Tu as bien montrĂ© l’envers du dĂ©cor !

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    1. merci pour ce commentaire hyper interessant!! ce serait cool que tu mettes en lien ton article comme ça on pourrait tous le lire!! tu developpe des idĂ©es poussĂ©es et approndies sur le voyage qui merite d’etre developpĂ©es!! j ai hate de lire ton article bonne soirĂ©e!

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  10. Merci encore Ă  toi pour ce retour qui m’apporte beaucoup de joie. Je pense en effet que je ne dĂ©veloppe pas assez le domaine du voyage sur mon blog… en croyant que je perdrais les gens… car je suis comme ça, toujours attirĂ©e par pleins de choses. 😉
    J’espĂšre que mon article t’a plu, n’hĂ©sites pas Ă  y laisser ton point de vue pour la question finale. 🙂
    A trĂšs bientĂŽt
    Voici le lien :
    https://foodartsansblabla.wordpress.com/2018/05/18/ode-au-voyages-ode-to-trip/

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  11. Merci pour cet article 🙂 ! Le point qui m’a le plus marquĂ© et que j’ai le plus ressenti lors de cette annĂ©e en Asie pour mes Ă©tudes, c’est celui de voir les gens valider une bucket list des endroits Ă  visiter, sans forcĂ©ment prendre le temps d’apprĂ©cier rĂ©ellement l’endroit oĂč il se trouve, de valider en quelque sorte les endroits Ă  voir.

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      1. dĂ©jĂ  je trouve qu’il faut arrĂȘter de stigmatiser les rĂ©seaux sociaux… c’est un moyen de partage merveilleux, il suffit de suivre les bonnes personnes et pas les autres. ensuite, en ce qui me concerne, je n’ai jamais Ă©tĂ© blasĂ©e ou « habituĂ©e au merveilleux » aprĂšs peut-ĂȘtre que je n’en suis tout simplement pas encore Ă  ce stade haha. et puis enfin, je suis d’accord avec le fait qu’il y ait dĂ©sormais une vraie Ă©conomie du voyage, mais c’est justement elle qui rend le voyage accessible Ă  tous donc ce n’est pas qu’une mauvaise chose. aujourd’hui n’importe qui peut voyager Ă  petit budget c’est gĂ©nial je trouve c’est juste dommage que certaines personnes ne s’en rendent pas compte. voilĂ  haha mais sinon c’est super d’avoir fait un article comme ça vraiment !

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  12. Bonjour Ă  vous,

    Aussi Ă©trange que cela puisse paraĂźtre, je n’aime pas voyager. L’idĂ©e de faire un sac m’inquiĂšte. Bien sĂ»r, j’ai fait comme beaucoup, j’ai pris le train ou l’avion pour suivre des amis, rejoindre de la famille ou rĂ©pondre Ă  une demande professionnelle, mais ce fut le plus souvent subi mĂȘme si au rĂ©sultat j’ai souvent apprĂ©ciĂ© de dĂ©couvrir de nouvelles contrĂ©es. Votre article est des plus pertinent et trĂšs rĂ©vĂ©lateur. Cela permet de voir les choses de l’autre du cĂŽtĂ© du miroir.
    Bien Ă  vous
    Franz

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    1. ComplĂštement d’accord …aprĂšs le problĂšme des rĂ©cits de voyages c’est qu’ils sont censĂ©s vendre du rĂȘve et ainsi transmette un certain souffle… on pense toujours qu’en dissimulant une part de rĂ©el on transmet quelque chose de plus fort…or c’est faux 😊

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  13. Salut
    Merci de dire tout haut ce que l’on ressent tous. J’ai adorĂ© lire chaque paragraphe et me dire : oui ça aussi c’est vrai !
    Je pense qu’il est important de rĂ©flĂ©chir Ă  notre façon de voyager en commençant par pourquoi voyage t’on rĂ©ellement. Je fais partie des gens qui passent une partie de l’annĂ©e Ă  rĂȘver de voyage et l’autre Ă  les vivre. Je n’ai jamais souhaiter partir en tour du monde ou mĂȘme 3 mois, cela ne me dit pas … chacun doit trouver son truc et laisser les autres faire leurs choix.
    Mon voyage est composĂ© de plusieurs phases que j’aime : la prĂ©paration (repĂ©rage, lecture, apprentissages), le voyage en lui mĂȘme avec les bons et mauvais moments mĂȘme si en relativisant on se dit qu’il y q toujours du positif en toute situation, et enfin le partage d’expĂ©rience. J’ai créé mon blog pour partager en toute honnĂȘtetĂ© mes voyages et je suis honnĂȘte : quand j’aime je le dis, quand je n’aime pas aussi et je pousse des coups de gueule quand des situations me heurtent.
    Bref je ne vais pas poursuivre mais merci en tout cas !

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